La fusion de SFR et Bouygues Telecom a-t-elle des chances d’aboutir ?

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Bouygues propose 14,5 milliards d’euros pour racheter SFR

Le groupe de BTP Bouygues, qui a déposé une offre mercredi 5 mars pour
racheter son concurrent SFR, vient enfin de dévoiler son contenu.
Concrètement, l’entreprise de Martin Bouygues propose une fusion entre sa
filiale BouyguesTelecom et le deuxième plus gros opérateur français. *« Une
nouvelle étape dans le partenariat stratégique »* entre les deux maisons,
explique le communiqué.

Rachat de SFR : Bouygues prêt à vendre son réseau mobile à Free

En vendant son réseau à Free, Bouygues Telecom présenterait un meilleur
dossier face à l’Autorité de la concurrence afin de racheter SFR. | *AFP/Damien
Meyer*

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, annonce ce
dimanche, dans «le Parisien» – «Aujourd’hui en France», qu’il souhaite un
resserrement du marché de la téléphonie mobile à trois opérateurs.
Parallèlement,Bouygues veut faciliter son mariage avec SFR,pour lequel il a
déposé cette semaine une offre de rachat. Son PDG annonce ainsi, dans le
«Journal du Dimanche», être prêt à céder son réseau d’antennes et ses
fréquences de téléphonie mobile à son concurrent Free. «Nous sommes entrés
en négociations exclusives pour céder à Free, pour un montant pouvant aller
jusqu’à 1,8 milliard d’euros, l’intégralité de notre réseau mobile»,
annonce Olivier Roussat, dont l’offre est en concurrence avec celle de
Numéricable.

*« Cet accord, qui porte sur 15 000 antennes et un portefeuille de
fréquences, dont une partie pour la 4G, est conditionné au fait que
Bouygues acquiert SFR, mis en vente par Vivendi. La maison mère de SFR
cherche à se séparer de sa filiale télécoms pour se recentrer sur les
médias. L’offre de Bouygues avait les faveurs de la Bourse, mais semblait
poser un problème au regard des règles de la concurrence. La vente de son
réseau à Free permettrait de lever la principale incertitude qui pesait sur
son projet au regard de l’Autorité de la concurrence. Et à Free de devenir
un opérateur plein et entier»*

assure Olivier Roussat. Free récupérerait en effet des fréquences 4G et
s’affranchirait de se redevance annuelle de 600 millions d’euros, versées à
Orange pour utiliser une partie de son réseau, alors que le réseau de Free
reste en construction.

En milieu de journée ce dimanche, Iliad, la maison mère de Free, a confirmé
avoir signé un accord de négociations exclusives avec Bouygues et Bouygues
Telecom. Elle n’aboutiront «que dans l’hypothèse où l’opération de rachat
de SFR par Bouygues aboutit et que les autorisations nécessaires sont
obtenues».

L’emploi, «nerf de la guerre»

*«En cas de fusion avec SFR, nous aurions un réseau de trop. Là, il y a un
acheteur qui va recréer une dynamique concurrentielle. Cette solution clé
en mains devrait faciliter le mariage avec SFR et rassurer Vivendi»*,
précise le PDG de Bouygues Telecom. L’Autorité de la concurrence devra
examiner le dossier, puis les migrations de réseau et d’abonnés (ceux de
Free sur le réseau Bouygues, ceux de Bouygues sur le réseau de SFR)
pourraient se dérouler «au cours de 2015», prévoit-il. Il assure que cet
accord «permet aussi de garantir l’emploi de l’ensemble de la filière
télécoms en France avec le maintien de trois réseaux». «Free souhaite
entretenir le réseau avec ses propres agents, prévient Olivier Roussat. Et
nous voulons garder nos 1 200 salariés qui y sont affectés. Notre réseau ne
sera pas détruit. Au contraire, Free fera vivre les 15 000 antennes, qui
seront devenues les siennes.»

Olivier Roussat confirme également que son* «projet de fusion avec SFR ne
provoquera aucun départ»*. Au contraire, la fusion permettra d’investir
dans les réseaux Internet et mobile *créera de l’emploi.* C’est le nerf de
la guerre». Il ajoute qu’il souhaite développer en France les postes de
téléconseillers et que toutes les boutiques seront conservées, afin
d’éviter les files d’attente en raison de l’augmentation du nombre
d’abonnés à la nouvelle entité. Le choix entre la conservation de la marque
Bouygues Telecom ou SFR n’est, en revanche, pas encore déterminé.
«Si on revient à trois on est plus fort que si on subsiste à quatre !»

Cette fusion et cet accord rebattrait totalement les cartes dans la
téléphonie mobile française que se partagent quatre acteurs. Le leader,
Orange, a aujourd’hui 27 millions de clients mobiles, SFR en a 21 millions,
Bouygues Telecom 11 millions et Free 7,4 millions. Cet accord devrait
permettre à Bouygues et Free «d’abaisser (les) coûts», selon Olivier
Roussat, qui assure que la guerre des prix que se livrent les opérateurs
dans le mobile, à l’initiative de Free, puis plus récemment dans
l’internet, à l’initiative cette fois de Bouygues, devrait se poursuivre.

«Si on revient à trois on est plus fort que si on subsiste à quatre !»
déclare *Arnaud Montebourg*, ministre du Redressement productif, dans «le
Parisien» – «Aujourd’hui en France». Pour le rachat de SFR, il ajoute que
sa préférence entre Numericable et Bouygues va «au mieux disant en matière
d’emploi, d’investissement et de patriotisme économique».

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